2 – Transition Lisboète…

Le début de la seconde partie de ce voyage commence dès que le bus quitte Santana de Cambas. Ce rapide transfert vers Mértola annonce ensuite un autre bus et la longue remontée vers Lisbonne, vers la ville, vers le tourisme et vers la plupart des choses que l’on fuit ces derniers temps. Notre logement étant près de l’aéroport nous prenons un Uber au prix dérisoire pour nous rapprocher du centre et trouver un restaurant végétarien correct. Je ne vais pas m’étaler sur une ville dans laquelle je suis resté à peine 24h (voyage sur l’île en 2016 compris), mais nous avons quand même par la suite marché une dizaine de kilomètres entre le milieu d’après midi et la fin de soirée. Suffisamment pour ressentir une atmosphère lourde, une fourmilière aléatoire mêlant tourisme familial, festif et opulent. Toute la dynamique que je n’aime pas dans ce mot tourisme, peu importe la ville. Malgré quelques petites rues agréables derrière les gros axes, la marche digestive pour nous diriger vers le port nous rapproche d’un flux inévitable à l’approche de la Praça do Comércio.

Porto, dans laquelle j’ai passé dix jours en 2017, m’avait peu intéressé pour les mêmes raisons. J’y trouve du charme, mais cette ambiance tourisme-sud ne m’accroche pas. Je reproche sensiblement la même chose à Lisbonne, qui semble sale et incohérente. Les coins restaus qui pullulent de viandes et de poissons et où une certaine misère y côtoie un certains luxe, la ville et ses mégots, l’odeur du « loo », cette femme qui ne lâchera pas sa cigarette en traversant au feu rouge avec ses sacs de shopping, le couple au selfie stick… Les gens nous fatiguent, leurs attitudes urbaines aussi.

La marche vers le Miradouro de Sao Pedro de Alcantara offre malgré tout une vue sur les jardins botaniques qui est plus plaisante que celle du port depuis le Miradouro de Santana Catarina. Au fur et à mesure de notre journée je note quelques réminiscences issues de mon séjour à San Francisco il y a quelques années. Même si la ville n’a pas les lignes droites américaines, elle est en effet tout en colline, à certains endroits jusqu’à l’extrême, mais il y aussi le vieux tram et le pont suspendu. Après tout Lisbonne est aussi une ville portuaire. Deux agences européennes ont leur siège à Lisbonne : l’Agence européenne pour la sécurité maritime, l’estuaire Lisboète peut d’ailleurs aussi faire penser à Rotterdam, une autre grande ville des ports, mais l’autre agence est l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies et il faut aussi dire que je n’ai jamais été autant abordé par des dealers qu’à Lisbonne. Je compare pourtant avec un passif à Paris, le quartier rouge d’Amsterdam et Ibiza donc c’est peu dire…

Des Uber à des prix imbattables ne suffiront pas à nous séduire, car au Portugal utiliser un chauffeur privé est un plaisir pour un parisien là où les taxis coûtent sensiblement le même prix.
Avec un street art intéressant qui se mêle à cet urbain désenchanteur, Lisbonne est une grande fresque de couleurs et de formes. Elle cache sans doute bien des secrets, bien des trouvailles, je n’ai juste pas encore pris le temps d’en profiter. J’ai visité beaucoup de capitales européennes et je sais qu’il faut parfois plusieurs voyages pour pouvoir les apprécier à leurs justes valeurs. J’y repasserai surement et en ferai un autre bilan…

2019-07-26T15:09:26+01:00